Roger-Edgar Gillet

1924 - 2004

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Atelier de R.E. Gillet à Saint Suliac prés de Saint Malo.

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BIOGRAPHIE


Roger Edgar Gillet est né à Paris en 1924. Il a été élève à l’école Boule puis à l’Ecole nationale Supérieure des Arts Décoratifs.
Il travaille comme décorateur mais abandonne cette activité dès 1953. Avec sa femme Thérèse et ses quatre enfants, ils ont vécu à Paris, à Saint-Malo puis à Sens avant de revenir entre Paris et Saint-Suliac dans la région de Saint-Malo.
Dans les années 50 il fait partie de « l’abstraction lyrique » et est présenté et défendu par Michel Tapié et Charles Estienne. Après la galerie de France il expose à la galerie Ariel de Jean Pollak et évolue vers ce que certains nomment « nouvelle figuration » ou « figuration expressive » ou encore « figuration autre ». Gillet lui dit qu’il a essentiellement « tyrannisé le portrait », mais il a aussi abordé d’autres sujets : villes, natures mortes, tempêtes...

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« Gillet semble totalement indifférent à toute idée de modernisme. Il peint par plaisir, par besoin, concrétisant une vision cynique du monde , faisant l’art qui lui plait, un art humain et solide dans un style et une facture éprouvés par le temps. C’est probablement cette indifférence à la mode qui choque le plus chez lui. »

Georges Boudaille
Extrait d’un texte paru dans Les lettres françaises 21 Avril 1971 à l’occasion de l’exposition « Gillet-Dodeigne» au musée Galliera.
« Quand on s’approprie aussi bien les poux que les tempêtes, les foules, les magistrats,
les batailles navales et les mutants, les villes, les hiboux, c’est qu’on a peur de rien, que rien ne peut arrêter le geste tumultueux qui trace dans la pâte les germinations incessantes de l’inconscient.
»

Philippe Curval
Extrait de la préface de la
Monographie « Gillet. »
Editions de l’Amateur. 1994




Un « art autre »


« Abstrait renouant avec une figuration expressionniste, Roger-Edgar Gillet (1924-2004) crée une humanité enracinée dans une lisibilité allusive, aux sonorités puissantes et sourdes de noirs, rouges, terre de Sienne qui s’éclairent de blancs et d’ocre. Interprète d’un « art autre » pour Michel Tapié, il met son énergie au service d’une peinture véhémente. Ses premières toiles sont promises à de futures métamorphoses. Hiératiques, prises entre la forme et l’émotion, elles expriment une beauté éclatante de contrastes épais noir-blanc-rouge mus en des camaïeux assourdis : La Chouette (1951). A la fin des années 1950, le geste réactive des créatures arrachées du limon comme Le Tiers monde (1966). Une humanité déchue, prise entre extase et compassion, remonte de sa mémoire. La peinture des chairs reflète les conflits propres à la nature humaine : La Piscine (1970). En prophète, l’artiste transcrit un univers digne des plus sombres visions de Goya. Son bestiaire n’est rien moins qu’un miroir. Ses portraits d’apôtres renvoient à des monstres nimbés d’une beauté impulsive habités de vibrations convulsives tapies dans notre inconscient. Installé sur les bords de Rance, près de Saint-Malo, la mer lui inspire des tempêtes ; sorte de faux calme sur l’estuaire. »

Lydia Harambourg : texte paru dans la gazette de Drouot du 11 juillet 2014 à l’occasion de l’exposition à la Maison des Princes, Pérouges.









 
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