Roger-Edgar Gillet

1924 - 2004

présentation

Gillet vu par Thérèse


Comme beaucoup de femmes de peintres de cette génération Thérèse a joué un rôle très important au coté de GILLET. Elle l'a accompagné pendant plus de 50 ans en organisant avec talent la vie autour de lui et de leurs 4 enfants (Marion , Christophe , Delphine et Jean Baptiste ). Elle est décédée à Saint Suliac en Novembre 2013.

Thérèse était décoratrice travaillait, réunissait les amis, soutenait Gillet et parfois écrivait : Ci dessous un drôle de dictionnaire qu'elle a imaginé pour la monographie des éditions Guyot en 1980. Avec modestie elle se définit comme la "3° chance" de Gillet ….




AAviateur. N'ayant jamais aimé le risque sportif, sa carrière sur un aéroplane sera de courte durée. BBoulliste, boulleux ou Boullard, il entrera à l'école Boulle, y restera, y sera diplômé, y aura de bons souvenirs et de bons copains, Jacques Noël et Rémo Forlani entre autres. CClochard. "Si je ne m'étais pas marié, a-t-il coutume de dire, je serais "clochard". Les personnes qui le rencontrent le matin à la recherche d'un café, peuvent se poser des questions sur son célibat éventuel. Calembour. Grand expert en calembours, il n'hésitera pas, s'il est en baisse de forme, à en voler aux autres. DDyslexique. Oui. La dyslexie fait de grands artistes. Voir Léonard de Vinci et Aleschinsky. Vous comprenez pourquoi Gillet met son clignotant à gauche lorsqu'il veut tourner à droite. Dément. "Gillet est un dément léger qui trouve son remède dans la peinture". (Diagnostic médical). Débile. Non. EÉchecs. Il aura la chance de transformer tout échec en réussite (voir flic). Par contre, sa passion pour le jeu d'Echecs lui permet de regarder la réussite avec détachement. Écclésiastique. Malgré une photo prometteuse toujours signée "Albert", réalisée le jour de sa communion, un abcès à la gorge et les plaisanteries d'un cousin au cours du repas le détourneront à jamais de la religion FFlic. Sa mère, abusée par le prestige de l'uniforme, lui vantera les mérites de cette belle carrière. Son échec au certificat d'études lui a fermé tout espoir d'atteindre à ces hautes fonctions. GGlandouilleur. Il glandouillera avec les copains de 1940 à 1950. Il traînera, entendra, verra. Les patins, sur le plancher ciré de ses parents, l'ont entendu plus d'une fois rentrer tardivement avec un air de reproches. HHonneur. Avec Jacques Noël, à l'Ecole Boulle, il aura, tache honorifique mais douteuse, de graver le bâton du Maréchal. Humour. Noir. IImagination. "Moi, je n'ai aucune imagination" a coutume de dire Gillet. Inspiration. "Moi, je n'ai aucune inspiration" a coutume de dire Gillet. KKépi. Grand admirateur du képi de son père, en uniforme d'infirmier psychiatrique de 1ère classe, son important tour de tête (0,63 m) ne lui a jamais permis de porter cet attribut réservé aux corps d'élite de l'ordre. (voir ordre). LLunatique. Tantôt brillant, tantôt totalement éteint, Gillet ressemble considérablement à cet astre nocturne. Il hiberne d'ailleurs à chaque première lune de Novembre pour se réveiller intensément au premier quartier pascal. MMariage. A priori allergique au mariage, il épousera en Décembre 1950 une jeune fille de bonne famille. Un Dominicain, futur académicien d'une bénédiction affectueuse, abolira à jamais la lutte des classes pour ces deux-là. Militaire. Impossible pour de multiples raisons (voir Képi). Après trois jours de préparation militaire en 1945, une poliomyélite le clouera au lit pendant dix-huit mois. NNatation. En 1936, la famille Gillet s'essaie aux joies de la mer. Etant glacée et les maillots de bains un peu justes, ce souvenir décevant encouragera vivement Gillet à adhérer au Club antisportif fondé par Jorn. Il donnera à celui-ci une cotisation symbolique lors de leur seule rencontre qui eut lieu à son exposition de Munich. Normal. voir dément. OOptimiste. Il convient de regarder la peinture de Gillet et d'en tirer les conséquences. Ordre. Déteste l'ordre, au propre et au figuré. PPalette. Voir pantalon. Pantalon. Voir Palette. Il conviendra plus tard, d'exposer un pantalon du peintre plutôt que sa palette. Père. "Ma première chance" aura coutume de dire Gillet. Poliomyélite. "Ma deuxième chance" aura coutume de dire Gillet. Professeur. A l'Académie Jullian, rue du Dragon, il redressait d'un crayon ennuyé un sein tombant par ici, une fesse alourdie, par là. Préférait les moments de repos durant lesquels il faisait de grandes théories sur la psychanalyse et le surréalisme. Parmi ses auditrices attentives, deux jeunes bourgeoises. L'une deviendra Marie-Louise Lindström, l'autre Thérèse Gillet. RRésistant. Non. Le spectacle de la mise à mort d'un milicien en chaussons par des résistants en béret lui laisseront un souvenir grotesque des idéologies humaines. Révolté. Oui. Révolutionnaire. Non. SSavon. Déteste les savons, au propre et au figuré. Sociable. Passionné des bistrots, il y découvre le vrai théâtre, le vrai voyage, la vraie vie, la vraie culture. Salon. Beaucoup moins dithyrambique que sur les bistrots, Gillet aime pourtant y parader et y faire état de ses connaissances, à moins qu'il n'y soit visité par l'astre nocturne cité plus haut. TTalent. "Je n'ai aucun talent" a coutume de dire Gillet. Thérèse. "Ma troisième chance" aura coutume de dire Gillet. Tricheur. Grand tricheur aux jeux, il ne considère ni la vie ni son métier comme en étant un. UUbu. L'un de ses maîtres à penser. VVoyage. Gillet déteste les voyages avant, les aime pendant, les adore lorsqu'il les raconte. WWhisky. Xénophobe pour les boissons, Gillet le déteste. XZèle. De sa petite enfance à l'âge adulte, Gillet a toujours considéré que l'excès de Zèle était une calamité. ZZen. Après avoir pratiqué le Judo avec Maurice Ronet, Gillet aura coutume de dire "là ou y a du zen, y a pas d'plaisir."




Thérèse parle des années 50


Thérèse aimait écrire : dans l’ouvrage de Gérard Xuriguera : Les années 50 paru aux éditons Arted en 1984 elle décrit avec humour l’ambiance des galeries parisiennes.

ci dessous un extrait :

« …Les galeries de Paris se couvrent de peinture. Maeght ouvre ses portes à la joie de Mirò, aux rêves de Chagall. Braque y bat la mesure, Picasso envoie ses colombes dans le ciel noir de la guerre froide. Jeanne Bucher expose à Montparnasse Tobey ou Manessier, les peintres américains, les G.I. fraternisent avec les Français. José Corti dans sa boutique bordélique fait découvrir aux jeunes chevelus la poésie et la peinture surréaliste. Un garçon à tête de moujik danse dans les caves, c’est Doucet… Colette Allendy l’exposera dans sa maison de la rue de l’Assomption. Denise René présente l’abstraction froide… Une chaleur s’en dégage : Poliakoff. Une librairie s’ouvre, c’est la Hune. Drouin nous fait découvrir, place Vendôme, Dubuffet, Wols, les Otages de Fautrier, Brauner, Michaux.Billet-Caputo deviendra bientôt, la galerie de France avec Myriam Prévost venue de chez Drouin. Pendant ce temps Maeght a accueilli les « mains éblouies ». Pari sur les jeunes!… puis il soutiendra une galerie rue des Beaux Arts , la Galerie Mai. C’est donc après 5 ans de vagabondage, de théâtres en cinémas, de musées en galeries, de librairies en coulisses de théâtre, que Gillet va entrer en peinture. A la Galerie Mai d’abord, où la moyenne d’âge est d’environ vingt-cinq ans, il retrouve Arnal, Kawun, Rezvani, Dmitrienko, Lanzman. Gillet est boiteux, douloureux, sévère. A Janine Bazin qui sort de Berk, il raconte sa polio. André Bazin lui fera partager avec Remo Forlani, sa passion du cinéma … ».

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Crédit photos :
Denise Colomb, John Craven, Pierre Espagne, Isabelle Estier Gillet, Daniel Franck, Guigon, Chantal Marfaing, Pierre Pitrou, Henk Vandervet
photo A_1953craven_1

Thérèse photographiée par john Craven qui, en 53, avait une galerie ou R.E. Gillet exposa

photo K_985_therese_bureau_

Thérèse rue Saint Claude rédigeant un texte à son bureau. 1988

photo M_1992_christ_et_JBB_saint_su

Gillet et Thérèse avec leurs fils
Christophe et Jean-Baptiste à Saint Suliac. 1992

photo O_GILLET_TEHERESE1993_2

Gillet et Thérèse dans l'atelier de Saint Suliac. 1993

photo P_JULETTE

Gillet et sa petite fille Juliette dans l'atelier de Saint-Suliac. 1993

photo Q__1994_Camille

7O ans de Jean Pollak et Gillet à Saint-Suliac ,(Thérèse en second plan entre les 2 ).De dos : Camille, petite fille de Gillet récite une fable en argot.

photo T__fiac_1994_marion_

Fiac Galerie Ariel , exposition "Bateaux ivres "
Marion Gillet-Guigon, Thèrese et Gillet. 1994

photo x_1995_GILLET_THERESE

Gillet et Thérèse à Saint suliac sur le port. 1998

photo Amour_oublie_200ko

Dans le catalogue de la galerie de France de son exposition de 1961
Gillet fait cette dédicace sa femme Thérèse

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